La mise en station d'un télescope
à monture équatoriale allemande
La mise en station a pour but d’aligner parallèlement l’axe d'ascension droite du télescope
avec l'axe de rotation de la Terre. De fait, si votre télescope est correctement
motorisé, l'objet pointé reste "fixe" dans le champ
de l'oculaire, malgré la rotation diurne. Et s'il est seulement manuel, il n'y aura qu'un mouvement de
suivi à effectuer pour le garder dans le champ.
Il existe plusieurs techniques de mise en station de télescopes, certaines
plus précises que d'autres. Commençons par la plus simple, rapide
et sure, dite de "croisée sur la Polaire".
Cette méthode est très confortable pour les observations visuelles,
convenable pour des poses photographiques parallèles "grand champ"
(jusqu'à 3 à 5 minutes de pose).
Elle est aussi suffisante lorsqu'on la soigne pour un suivi Webcam de quelques
minutes. Elle n'est pas assez précise pour des longues poses au foyer avec un APN ou une caméra CCD.

Les 4 axes mécaniques d'une monture équatoriale allemande
+ axe optique.
- 1 Choix du terrain
- 2 Repérage du Nord céleste (étoile Polaire)
- 3 Installation du trépied
- 4 Installation de la monture et des tubes optiques
- 5 Équilibrage
- 6 Réglage du viseur
- 7 Pointage azimutal de l'étoile Polaire
- 8 Visualisation de l'axe mécanique AD
- 9 Pointage du Pôle céleste
L'endroit doit donner accès à la plus grande surface céleste possible, et doit pouvoir offrir un panorama suffisant large pour l'observation des objets durant le temps d'observation. N'oubliez pas que les constellations se déplacent durant la nuit en tournant autour de l'étoile Polaire!
Il faut commencer par choisir de préférence un terrain plat
et horizontal, mais un léger dénivelé n'est pas un obstacle à une bonne mise en station, les réglages du trépied et des axes d'Ascension Droite (AD) et d'azimut compensent les défaut de planéité.
Un terrain herbeux peut amortir une chute d'oculaire, mais cacher
irrémédiablement une vis de réglage égarée.
Par contre un sol herbeux est souple; les pieds du télescope peuvent s'y
enfoncer durant la nuit et détruire la qualité de votre mise en
station. A vous de choisir.
Repérer la Constellation de la Petite Ourse puis identifier
l'étoile Polaire.
Une méthode simple consiste à reporter 5 fois la distance "des
Gardes" de la Grande Ourse en direction du Nord pour la trouver les premières
fois, et même après! (Voir figure 1).

Trouver l'étoile Polaire à partir de la Constellation de la Grande
Ourse
Poser le trépied et utiliser
le niveaux à bulle, s'il existe, pour mettre le support de la table équatoriale à
horizontale, en prenant soin d'orienter le pied "Nord" vers l'étoile Polaire
ou d'orienter correctement le dispositif de réglage de la hauteur de
l'axe AD dans la bonne direction, en vérifiant que le jeu de réglage
en azimut (s'il existe sur votre monture) passera bien par le pôle (ou le méridien).
Poser ensuite la monture si elle est séparée du trépied, puis les instruments (tube optique, viseur,
oculaire, barlow, etc.) en serrant ou bloquant les vis et les molettes.
Équilibrer les axes en débloquant leurs freins et chercher
l'équilibre avec les contrepoids, rectifiez éventuellement en déplaçant le tube
optique dans son collier.
Avant de continuer: régler le viseur en centrant après pointage la même étoile dans le viseur et dans le télescope.
En manipulant les axes de l'azimut et de la latitude de la monture, après les avoir desserrés, afficher une latitude d'environ 45° (pour la France) et un azimut de 0° (plein Nord).
L'axe de l'ascension droite pointe maintenant en direction approximative de l'étoile Polaire.
Affichez une déclinaison
de 90° (pour diriger le tube optique dans un alignement parallèle à l'axe
de l'ascension droite).
Normalement, si tous les conseils
ont été correctement suivis, le tube du télescope pointe
en direction de l'étoile Polaire ou en tous cas, ne doit pas s'en trouver très éloigné.
Serrer légèrement les freins des axes.
Avec les mêmes réglages (azimut et latitude) amenez maintenant l'étoile Polaire au centre du viseur.
Resserrez suffisamment les blocages.
Repérons maintenant
l'axe mécanique dans le viseur. On le visualise en faisant tourner le télescope autour de l'axe AD tout en observant la rotation de l'étoile Polaire dans le viseur. Le centre de l'arc de cercle qu'elle décrit renseigne sur la position de l'axe mécanique.
Ce réglage, s'il est négligé, peut être une source
d'erreur importante pour une mise en station qui s'appuie uniquement sur l'axe optique,
en le supposant parallèle à l'axe mécanique. Or il est
plus prudent de vérifier le parallélisme afin d'éliminer
toute source d'erreur. Une simple collimation (ou décollimation) peut
dérégler l'alignement initial.
Maintenant que nous avons repéré l'axe mécanique centré dans le champ du viseur, il suffit, avec
les réglages de hauteur (latitude) et d'azimut de les placer au bon endroit
dans le ciel avec le viseur. L'image ci dessous vous montre où il se trouve:

Tendre une ligne imaginaire entre la Polaire et Kochab et placer
l'axe à 45' (45 minutes) sur cette ligne, soit environ 3 rayons angulaires
de Lune. C'est là que se situe le Pôle céleste.
On gardera en mémoire, lors d'un pointage de la Lune, la
surface angulaire de celle ci dans le viseur. On sera en alors en mesure d'estimer
correctement la distance angulaire entre l'étoile Polaire et le Pôle, soit 3 rayons
lunaire (1,5 fois son diamètre).
Cette approximation est suffisante pour placer l'axe
du télescope à 5' (5 minutes), voire moins, de l'axe du pôle.
Elle sera donc suffisante aussi pour accéder aux pointages par coordonnées
différentielles des objets du ciel profond.
Bien sur, l'étape 7 peut être effectuée dans un viseur polaire,
si votre télescope en est équipé, et vous évitera
les contraintes qui suivent. Mais même ici, la précision risque
de ne pas être suffisante pour assurer un suivi photographique longue pose.
Il faudra alors améliorer la mise en station en approchant la position
idéale par le méthode dite de BIGOURDAN: il s'agit, en fonction
de dérives constatées sur des pointages d'étoiles proches
de l'équateur céleste dans les directions Est et Sud, d'en déduire
les rectifications à appliquer à la mise en station.
Certains logiciels (dont Astrosnap) permettent, grâce à l'analyse
d'images obtenues par une Webcam au foyer,
de rectifier sur le même principe les erreurs de la mise en station.